Au-delà de la Matrice

Cycle 1 — La Vie en dehors de la Terre · Publication 5

Pourquoi la question « Sont-ils bons ou mauvais ? » est peut-être la mauvaise question

Dès que l'on parle de vie extraterrestre, deux scénarios reviennent presque systématiquement. D'un côté, les sauveurs cosmiques venus guider l'humanité. De l'autre, les envahisseurs hostiles venus la contrôler. Comme si l'univers entier devait forcément entrer dans l'une de ces deux cases.

Visuel de la publication 5 de la série Au-delà de la Matrice, cycle La Vie en dehors de la Terre

Dès que l'on parle de vie extraterrestre, deux scénarios reviennent presque systématiquement.

D'un côté, les sauveurs cosmiques venus guider l'humanité.

De l'autre, les envahisseurs hostiles venus la contrôler.

Comme si l'univers entier devait forcément entrer dans l'une de ces deux cases.

Pourtant, plus j'observe les récits, les témoignages et les réflexions autour de ce sujet, plus je pense que cette opposition est beaucoup trop simpliste.

Après tout, regardons simplement la Terre.

Peut-on résumer l'humanité à « gentille » ou « méchante »?

Bien sûr que non.

Alors pourquoi imaginer qu'une civilisation entière pourrait être définie aussi facilement?


Il existe une idée très répandue qui mérite d'être questionnée.

Nous avons souvent tendance à croire qu'une civilisation technologiquement avancée est forcément spirituellement ou moralement avancée.

Pourtant, ces deux choses ne sont pas nécessairement liées.

Une civilisation pourrait maîtriser des technologies qui nous paraissent aujourd'hui impossibles.

Voyager entre les étoiles.

Manipuler la génétique.

Utiliser des sources d'énergie que nous ne comprenons pas encore.

Et malgré tout continuer à faire face à ses propres défis, ses propres désaccords ou ses propres limites.

Le progrès technologique ne garantit pas automatiquement la maturité émotionnelle ou éthique.

D'une certaine manière, nous le constatons déjà sur Terre.


Je remarque aussi quelque chose d'intéressant.

Lorsque nous imaginons une intelligence plus avancée que la nôtre, nous projetons souvent nos propres comportements sur elle.

Nous regardons notre histoire.

Les conquêtes.

Les colonisations.

Les dominations.

Les guerres.

Puis nous concluons:

« Si une civilisation plus avancée existe, elle fera forcément la même chose. » Mais est-ce réellement une conclusion...

ou simplement une projection?

La peur a souvent tendance à utiliser ce que nous connaissons déjà pour imaginer ce que nous ne connaissons pas encore.


Si l'univers est réellement peuplé, il est probablement aussi diversifié que la Terre.

Certaines civilisations pourraient privilégier l'observation.

D'autres la coopération.

D'autres encore la neutralité.

Certaines pourraient choisir d'aider discrètement.

D'autres préférer ne jamais intervenir.

D'autres enfin pourraient simplement suivre des règles que nous ne comprenons pas encore.

Autrement dit, les dynamiques possibles sont infiniment plus complexes qu'un simple affrontement entre anges et démons.


C'est là que la peur devient parfois un mauvais guide.

Parce qu'elle simplifie tout.

Elle réduit le monde à deux catégories:

ami ou ennemi.

Pourtant, la réalité est rarement binaire.

Prenons un exemple simple.

Si une civilisation choisissait de ne pas entrer en contact ouvert avec la Terre, beaucoup y verraient immédiatement une intention hostile.

Mais cette distance pourrait avoir d'autres raisons.

Elle pourrait être liée au respect du libre arbitre.

À une règle de non-ingérence.

À une volonté de laisser une civilisation évoluer par elle-même.

Ou simplement à une prudence mutuelle.

L'absence de contact n'est pas forcément un signe de menace.

Elle peut aussi être une forme de responsabilité.


Mais au fond, plus j'avance dans cette réflexion, plus je crois que la vraie question ne les concerne pas eux.

Elle nous concerne nous.

Sommes-nous capables d'accueillir ce qui est différent sans immédiatement le craindre?

Sommes-nous capables d'observer avant de juger?

Sommes-nous capables de distinguer un danger réel d'une peur projetée?

Car une civilisation profondément fragmentée interprète souvent toute altérité comme une menace.

À l'inverse, une civilisation plus stable peut rencontrer l'inconnu avec curiosité plutôt qu'avec méfiance.


Finalement, si des intelligences non terrestres existent, elles sont probablement aussi diverses que les cultures humaines.

Certaines plus avancées.

Certaines plus prudentes.

Certaines plus engagées.

Certaines plus neutres.

Mais le facteur qui semble revenir sans cesse n'est pas la technologie.

C'est le niveau de conscience.

La manière dont une civilisation comprend sa responsabilité envers elle-même et envers les autres.


Et si la véritable question n'était pas:

« Peut-on leur faire confiance? » Mais plutôt:

« Sommes-nous devenus le type de civilisation que nous aimerions rencontrer? »


Dans le prochain post, nous explorerons une idée encore plus dérangeante:

Pourquoi la Terre pourrait être un monde expérimental... et ce que cela changerait à notre façon de comprendre l'expérience humaine.

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